On oppose traditionnellement recherche de performance et durabilité, deux notions a priori contraires. Mais est-ce vraiment pertinent ? A l’heure où les Français veulent remettre du sens dans leurs investissements, les placements dits “verts” ou responsables ont de plus en plus la cote.

 

L’occasion de se pencher sur cette question : la recherche de profit peut-elle être compatible avec la durabilité ?
 

Image Eolienne

Durabilité et investissement socialement responsable, de quoi parle-t-on ?

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, commençons par définir la notion de durabilité. La définition communément admise provient du rapport Brundtland, rédigé en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU. Selon ce rapport, le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs.

 

Le rapport Brundtland souligne le fait que les processus économiques, sociaux et écologiques sont liés, et que le développement durable ne se borne pas uniquement à la protection de l’environnement. Ainsi, il suppose un changement à long terme du système économique, afin de réduire la consommation des ressources tout en préservant une économie performante et une société solidaire.

 

Quant à l’investissement socialement responsable (que l’on connaît mieux sous son abréviation ISR), il consiste à intégrer des critères extra-financiers comme la justice sociale, le respect de l’environnement, ou encore la gouvernance éthique dans les placements financiers. L’objectif est de concilier performance économique et impact social et environnemental, en finançant des entreprises durables, ou en excluant des portefeuilles, celles dont les activités ont un impact négatif sur l’environnement. 

 

Un intérêt pour l’investissement socialement responsable qui ne faiblit pas

 

Les effets du changement climatique se font désormais sentir. Et la prise de conscience du public est réelle : aujourd’hui, nombreux sont les individus à se demander comment agir à leur échelle pour protéger la planète. C’est dans ce contexte que l’investissement responsable apparaît comme une valeur importante, et un moyen de s’engager individuellement.  

 

Car l’investissement traditionnel pollue : l'empreinte carbone des grandes banques françaises qui financent les industries du charbon, du pétrole et du gaz, représente près de 8 fois les émissions de gaz à effet de serre du pays !  Selon un rapport de l’Oxfam, les investissements et les financements réalisés par les six plus grandes banques françaises pourraient nous conduire à une hausse des températures de 4 degrés Celsius d’ici 2100, soit 2,5 degrés de plus que l’objectif fixé dans l’accord de Paris. 

 

En réaction, les encours ISR n’ont cessé de grandir ces dernières années. Le nombre de fonds européens labellisés ISR* a été multiplié par 1,5 entre 2020 et 2021, pour atteindre les 1 337 milliards d’euros d’encours au 31 décembre 2021. Et l’on peut être fiers : avec un encours de 559 milliards d’euros, la France est le pays européen qui compte le plus de fonds labellisés ! 

 

Cette dynamique devrait se confirmer dans les années à venir, d’autant que la crise du Covid-19 a révélé un véritable besoin de sens, d’éthique et de justice sociale chez les investisseurs.

 

Performance et durabilité, deux notions opposées ? 

 

L’investissement responsable séduit donc de plus en plus : à ce titre, 76 % des Français pensent que l'impact des placements sur l’environnement est un sujet important. Mais qu’en est-il de la performance ? Investir dans des produits durables, c’est bien. Mais on le fait rarement pour la beauté du geste : il est normal d’en attendre un retour sur investissement ! 

 

Il est vrai qu’on a tendance à opposer l’investissement, dont le but premier est d’obtenir un gain (donc de s’enrichir), à la durabilité. L’enrichissement est rarement considéré comme compatible avec l’éthique, car la recherche de performance prend le pas sur l’intérêt général et les considérations environnementales. 

 

Aujourd’hui, c’est une vision un peu obsolète. Car investir dans des fonds ou des projets durables (et en retirer un gain) est possible. Il ne s’agit pas d’agir de manière désintéressée, mais d’obtenir un rendement en participant au financement d’une activité vertueuse. 

 

Par exemple, si vous aidez à financer une entreprise dont la mission est de participer à la rénovation énergétique des bâtiments, vous investissez dans l’économie réelle tout en gardant votre propre intérêt en tête (gagner de l’argent). Ces deux actions ne s’annulent pas : elles se complètent. 

 

Certains économistes défendent aussi la thèse que la protection de l'environnement participe à la croissance économique. C’est notamment le cas de Steve Cohen, professeur à la prestigieuse université de Columbia à New York, qui cite les activités visant à protéger la planète comme le développement des énergies renouvelables ou le traitement des eaux comme des activités qui participent à la hausse du produit intérieur brut (PIB), et donc à la croissance économique. Autrement dit, les investisseurs ne sont pas condamnés à financer des activités polluantes et/ou néfastes : ils ont aujourd’hui la possibilité de concilier leur propre intérêt et l’intérêt général. 

 

L’investissement durable est-il performant ?

 

Cela nous amène à la question qui nous intéresse : la recherche de performance est-elle compatible avec l’investissement durable ? Oui, selon une méta-analyse menée en 2015 par l’université d’Oxford et Arabesque Partners, qui conclut que « 80 % des études examinées montrent que les pratiques de durabilité prudentes ont une influence positive sur la rentabilité des investissements ». La raison de cette influence positive est la suivante : quand on prend en compte des critères extra-financiers comme le respect de l’environnement dans ses décisions d’investissement, on enrichit son analyse et on dispose d’une vision plus large.

 

D’ailleurs, dans certaines périodes de crise, les fonds ISR ont montré une meilleure résistance que les fonds traditionnels. C’est ce qu’on a pu observer lors de la crise financière de 2008 et de la crise du Covid-19, par exemple. 

 

Une autre méta-analyse publiée par l'université NYU, qui a repris 1000 publications sur les investissements ESG et leur performance au cours des cinq dernières années, a rendu les conclusions suivantes :

 

•    Les fonds durables ont une meilleure performance sur le long terme : par exemple, si on prend l’indice MSCI World et qu’on le compare avec sa version ISR (MSCI World ISR) sur la période 2008-2021, on constate que la performance annualisée moyenne de l’indice ISR a été supérieure à celle de l’indice classique, soit 6,5% contre 7,8% ;

 

•    La performance des fonds durables s’explique par plusieurs facteurs : une innovation accrue, une meilleure gestion des risques, et des relations renforcées entre parties prenantes (investisseurs, fournisseurs, salariés, etc).

 

Chez Moniwan, nos SCPI les plus durables sont la SCPI LF Grand Paris Patrimoine, labellisée ISR*, et la SCPI LF Opportunité Immo. En 2021, leur taux de distribution respectif était de 4,64%** et 5,21%***. Contre 4,45% en moyenne pour l’ensemble des SCPI. 

 

Tout cela est donc encourageant, mais attention : cela ne signifie pas qu’il existe une corrélation entre durabilité et performance.  En effet, les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L’investissement durable n’est donc pas nécessairement synonyme de meilleure performance. 

 

Il n’en reste pas moins que l’hypothèse selon laquelle la durabilité serait, par nature, incompatible avec la performance, est bel et bien une idée reçue.

 

Rappelez-vous également qu’investir comporte des risques, notamment de perte en capital ou d’absence potentielle de distribution, et que la SCPI est un placement de long terme (durée de détention recommandée de 10 ans minimum). Comme tout investissement immobilier, la SCPI est un placement peu liquide.




* Le label ISR ne garantit pas la performance financière du fonds.
**Les taux de distribution précédents de LF Grand Paris Patrimoine : 2018 = 4.28 %, 2019 = 4 .41 %, 2020 = 4.53 %.
La SCPI La Française Pierre est devenue LF Grand Paris Patrimoine le 1er juillet 2028 et vise depuis à investir sur le projet Grand Paris. Toute comparaison avec les performances des années antérieures est donc peu significative.
*** Les taux de distribution précédents de LF Opportunité Immo : 2013 = 6.00 %, 2014 = 6.00 %, 2015 = 5.55 %, 2016 = 5.45 %, 2017 = 4.80 %, 2018 = 4.65 %, 2019 = 5.04 %, 2020 = 4.52 %.



 

Simulez votre projet d’investissement